Visualiser l’avenir

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L’histoire de Yassine

En écho avec le récit précédent, vous constaterez que ce décalage entre parole et acte arrive à tout âge, et dans de nombreuses circonstances, pas seulement dans le cadre d’un recrutement.

C’est le cas de Yassine, 49 ans, fonctionnaire d’Etat, directeur d’une administration publique, pigiste pour le journal « Le Monde » (excusez moi du peu !), qui me contacte pour un coaching autour de sa prise de parole en public. Et accessoirement pour l’aider à préparer un entretien de sélection devant un jury.365439_low

Après 25 ans, d’expérience professionnelle, de management d’équipe, de pilotage de projets, de direction, Yassine a conscience qu’il n’est pas écouté, son discours ne porte pas, y compris en réunion d’équipe… Il n’est pas pris au sérieux.

Je décide d’assister à l’une de ses prises de parole en public et je constate par moi même le décalage lors d’une réunion publique à la Direction du Travail de sa région: Sur une estrade devant une assemblée d’une 100ène de personnes, Yassine est assis derrière la table d’honneur, il sort un feuillet de 5 pages, tout tremblant, il met ses lunettes, et il commence à lire… Au bout de 3 minutes, j’entends des murmures dans la salle autour de moi, mes voisins parlent de leurs vacances ! L’auditoire a décroché. Politesse règlementaire, quand Yassine a fini son exposé, la salle applaudit.

Malgré son expertise, ses galons, son 27570873_sexpérience, il ne renvoie aucune crédibilité dans son discours, dans ses messages. Personne n’écoute, personne n’y croit…

Certes, être un bon orateur n’est pas donné à tout le monde. Mais à son niveau, on pourrait s’attendre à un peu plus de maîtrise.

Il me dit plus tard qu’il rencontre le même problème devant un jury, ou même avec son équipe en réunion. Il a déjà assisté à plusieurs formations de communication, mais rien n’y fait.

Ce qui m’a interpellé, lors de sa présentation, c’est son tremblement avant de démarrer. C’est parfois impressionnant de prendre la parole devant une assemblée, mais ce tremblement était persistant durant toute sa prestation. Il se tenait à la table, se rattachait à ses feuillets, mais son malaise était perceptible jusque dans sa voix, et son regard toujours posé vers le bas, attaché désespérément à sa lecture.

On comprend bien dans cet exemple l’importance de la notion d’alignement, comme moi je l’ai compris quand nous avons débriefé cette expérience :

  • Ce qu’il pense avant de prendre la parole :

« Aller Yassine, tu dois le faire, j’ai tout bien préparé et mon sujet est intéressant. Encore cette torture de prise de parole. Je ne suis vraiment pas doué pour ça. Je vais encore passer pour un orateur médiocre, et comme d’habitude, je vais m’en vouloir. »

  • Ce qu’il ressent : Malaise, tremblement, transpiration, accélération du rythme cardiaque. « Je ne suis vraiment pas fait pour ça… »
  • Ce qu’il dit : « Bonjour, Euh…, je vais commencer,… »
  • Ce qu’il fait : Lecture pendant 20 minutes, sans à peine lever les yeux.

L’homme est brillant, le sujet intéressant, mais le message… inexistant ! Et il a conscience de ce décalage, il en souffre. Lors du débriefing, je découvre qu’il a même déjà énormément réfléchi sur la question : psychanalyse, formation de communication, cours de théâtre, lectures en pagaille… Il m’apporte une analyse très approfondie de son problème. D’ailleurs il vit dans son problème, tout le temps, il l’a tellement analysé qu’il n’en décroche pas. Il a d’ailleurs pris un coach pour lui rappeler, puisque je suis là !

Je comprends vite que cette façon de « mentaliser » son problème, d’y réfléchir tout le temps, l’empêche de se dégager de la situation. Et même plus, il entre en résistance lorsque je cherche à l’en sortir :

Moi : « Comment ça se passerait pour toi si tu étais parfaitement à l’aise dans tes discours ? »

Yassine : « Je ne sais pas »

Moi :« Mais imagine que tu aies réglé cette question de prise de parole, tu ferais comment ? »

Yassine : « Je n’en ai aucune idée ! Je ne vois vraiment pas. De toute façon, je ne suis pas doué pour ça, et quand je commence, c’est à chaque fois la même chose, blablabla… »

Il était reparti dans son problème.

Voilà précisément la raison pour laquelle Yassine ne règle pas son problème, il vit dedans.

Pendant plusieurs semaines, à chaque rendez vous (à peu près 1h par semaine), j’ai centré mes questions sur sa vision (visualisation) de son objectif, et j’ai fermement stoppé ses retours en arrière. Je l’arrêtais à chaque fois qu’il revenait dans son problème. Et progressivement il s’est projeté et a ouvert son champ des possibles. Il s’est construit une représentation mentale de son objectif.19225897_s

Puis finalement, son schéma mental ayant accepté cette nouvelle possibilité, il s’est recentré (Notion d’alignement que j’abordais dans le chapitre précédent).

C’est seulement à partir de ce moment qu’il a pu apprendre des techniques de prises de parole, s’approprier des outils, et développer ses compétences d’orateur.

Le témoignage de Yassine – 49 ans :

« J’ai sollicité un accompagnement d’un compagnon professionnel (je préfère ce terme au lieu d’un « coach » qui fait pour moi référence à une recherche de performance sportive) pour une quête d’une meilleure compréhension de soi et de développer ma présence, mon aisance de communicant dans mon environnement. En effet, le fil conducteur du coach est d’authentifier les freins et les exercices à accomplir dans la durée pour se représenter tel que l’on est. Grâce à ce coaching, j’ai pu libérer des talents et des compétences parfaitement adaptées aux exigences de mon métier, dans le plus grand respect de ma personnalité »

Les conseils du coach 

Plusieurs notions ressortent de cette histoire. Et l’accompagnement de Yassine fût très complet : Notion d’alignement, de croyances, de gestion de ses émotions. Un profond travail de remise en question sur son identité, car pour la 1ère fois, il a dû aborder ce qu’il voulait devenir, plutôt que ce qui l’avait amené à aujourd’hui.

Je vais donc cibler mon conseil sur un point précis : l’objectif et sa visualisation.

Aidez vos bénéficiaires à imaginer leur avenir, leur métier, leur évolution professionnelle, en passant par19688136_s un maximum de détails. J’utilise les portes d’entrées du VAKOG (Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif et Gustatif), pour aider la personne à visualiser le plus largement possible. Quelques questions clés nous aident à cela: Comment te vois tu dans 10 ans? Quelles relations avec tes collègues? Quand tu t’imagines dans ton future métier, comment te sens tu? A quoi penses tu quand je te dis « Boulanger »? Vous allez aider ainsi la personne à se mettre en alignement avec son projet.

Le travail d’analyse, d’introspection est essentiel. Mais à trop regarder en arrière, on en oublie parfois de regarder devant. Passez toujours beaucoup plus de temps avec vos suivis à visualiser l’avenir, puis à construire des solutions, plutôt qu’à vouloir comprendre les problèmes.

À très vite pour d’autres aventures!

Avec passion,

Alexis

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2 Responses

  1. Encore une histoire passionnante. Effectivement la visualisation est une « clé » trop peu utilisée, ou au contraire on visualise l’échec, qui arrive naturellement…

    • Très juste! Rappelons cette phrase d’Henry Ford: »Vous pouvez penser que vous allez réussir, ou pas, dans les deux cas vous aurez raison. »

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