Retrouver confiance en soi

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L'histoire de Stéphanie

Les questions de manque de confiance sont régulièrement soulevées par les jeunes ou adultes que j’ai coaché. C’est même38238599_s probablement la plus forte demande. Mais il y a souvent une mauvaise compréhension de la notion de confiance. Le manque de confiance est très souvent associé à une multitude d’autres thématiques, comme la gestion des peurs, du stress, l’approche d’une situation inconnue, l’enjeu d’un entretien, l’approche d’un examen, le démarrage d’un nouveau job, un manque de reconnaissance, la mauvaise gestion des échecs en entretien de recrutement, l’incapacité à prendre une décision, les périodes de recherches d’emploi qui s’allongent, la prise de parole en groupe,… Et tellement d’autres situations mises dans un même registre et résumées par : « Je n’ai pas confiance en moi… ».

Il y a confusion. Pour comprendre, je vais vous faire partager l’histoire géniale de Stéphanie.

J’ai rencontré Stéphanie lors des 1ères expériences de coaching au service de l’insertion. Elle m’a fait une demande très floue au départ, du type : « Je cherche un travail, n’importe lequel, dans la vente d’habits, ou travailler avec des enfants… mon seul problème est que je n’ai pas assez confiance en moi».

En faisant attention à son langage non verbal, elle ne me semblait pas très motivée par ces différentes propositions de métier. Et cela faisait déjà 1 an qu’elle cherchait, sans solution. Je reformule donc ce que je perçois : « Tu ne sembles pas très motivée par tes choix d’orientation ? ». Réponse directe : « Non c’est sûr, mais il faut bien que je trouve un travail… ».

Et voici la petite phrase magique : « Et dans l’idéal, quel métier rêverais tu de faire ? ».

43544826_s« Ah oui, il y a bien quelque chose, mais ça n’est pas fait pour moi… Depuis que j’ai 12 ans je rêve de devenir esthéticienne. » Je suis surpris et lui demande pourquoi elle ne s’oriente pas dans cette voie. Sa réponse est tout aussi directe : « On m’a dit que c’était un secteur bouché. Au collège on m’a déconseillé de suivre cette voie, et ma conseillère emploi formation m’a dit qu’il n’y avait pas de travail dans ce domaine, et que je n’avais pas le niveau pour entrer en formation, alors j’ai laissé tomber.  Et depuis je n’ai plus confiance en moi, je n’ai plus envie de rien.»

Je lui ai alors proposé, sans se faire d’illusion, de se renseigner sur le niveau nécessaire, le parcours à suivre, la durée, le coût, et de revenir me voir avec le plus d’infos possible.

Et vous ne devinerez jamais ce qu’elle m’a ramené la semaine suivante : Son book complet qu’elle confectionne depuis plusieurs années sur l’esthétique, les produits, les techniques, etc… une véritable bible de l’esthéticienne ! Bien sûr elle s’était renseigné sur le parcours à suivre et là blocage à nouveau : Sa conseillère lui dit que les formations se font en école privée, et qu’elles sont trop chères (financement limité ou nul par le Conseil Régional). Et qu’il faudrait en plus envisager une remise à niveau en amont, pour aller vers un secteur bouché.

Pour la seconde fois, le système l’empêche d’accéder à son projet, et la rabaisse à chaque fois.

 

Faisons un break dans l’histoire de Stéphanie pour comprendre ce qui se passe en terme de confiance : Il s32558979_s’agit davantage d’une question d’image de soi (entachée par les messages du système scolaire, des systèmes d’accompagnement public, par des personnes qui ne savent pas ce que veux dire « motivation », « confiance », ou encore « bienveillance ».) Je suis exaspéré par la manière dont notre institution, le système, peut détruire l’estime de soi d’un bénéficiaire. Et je pense aussi que nous avons un rôle important à jouer avec eux (nous les les acteurs de l’insertion), et une grande responsabilité sur ce point.

Je parle précisément d’estime de soi, afin de bien définir cette notion : L’estime de soi est nécessaire à notre équilibre personnel, et pour avancer sereinement dans la vie, notamment dans les périodes de turbulence comme celles traversées par des jeunes en construction, ou des personnes en recherche d’emploi en général. Cette Estime de Soi est constituée de 3 composantes :

  • L’Amour de Soi : Nous avons tous besoin d’être aimé, y compris soi même vis à vis de soi même
  • l’Image de Soi : La manière dont je me vois, mes qualités, mes défauts, mes capacités et mes propres limitations
  • et enfin la Confiance en Soi : Ce que je suis capable de faire, les actes que je peux poser.

Et même si les 3 sont intimement liés, il est important d’identifier lequel se trouve « malmené » chez votre bénéficiaire afin de l’aider efficacement.

Stéphanie n’avait pas réellement de problème de confiance, mais plutôt une mauvaise image d’elle même, concernant ses capacités et compétences (C’est pas fait pour moi, je n’en serais pas capable…), ce qui bloquait toute action constructive.

Et mon accompagnement a consisté à ouvrir le champ des possibles, au risque de défier l’institution sur ses préjugés stériles (Et bim… ça balance !).

 

L’état d’esprit qui nous a animé durant ce coaching était clair :

- Que risques-tu à essayer, demander et te renseigner sur ce projet ? Rien évidemment

- Alors plutôt que de nous freiner dès le départ, faisons une vraie recherche sur TON projet rêve, qu’en dis tu ?  Oui c’est super !

- Et si ça ne fonctionne pas au final, comment vas tu réagir, quelles autres options as tu ?

27675343_sÇa n’est pas grave, je préfère encore essayer, au moins je n’aurais rien à regretter. Je suis ultra motivée comme ça fait longtemps que ça ne m’est pas arrivé. Au moins, je fais des trucs, et rien que pour cela c’est déjà une victoire sur cette année où je n’ai rien foutu ! Et ma remise à niveau pourra toujours me servir pour faire une autre formation.

Stéphanie a d’abord entrepris une remise à niveau de 3 mois. Ultra motivée à l’idée de réaliser son projet rêve, elle est sortie haut la main de cette 1ère étape. Puis elle s’est inscrite dans l’école privé, celle qui coûtait trop chère. Mais au vu de son degré de motivation et de sa personnalité, ses grands parents ont décidé de lui payer le complément de financement nécessaire, ce qui a décidé le Conseil Régional à participer au financement !

Mon étape de coaching s’est terminée ici. Mais j’ai gardé un contact avec Stéphanie plusieurs mois après, et voilà sa belle réussite :

Elle a réussie avec brio son diplôme d’esthéticienne, sortie 1ère de sa promotion. Et durant la formation, elle a effectuée un stage, en salon. Sa personnalité collait tellement bien avec le métier (plus son implication et son niveau de connaissance) que la responsable du salon a parlé d’elle à sa direction, une chaine de salon d’esthétique dans le Nord de la France. Ils l’ont contacté à la fin de sa formation et l’ont embauché, en CDI !

C’est franchement une superbe histoire, pour une très belle personne qui n’attendait qu’un peu de soutien et de reconnaissance dans son projet.

Soutien + Reconnaissance = Meilleur Image de soi, et meilleur confiance en soi.

 

44005903_sLe témoignage de Stéphanie – 19 ans :

« En ce moment, je suis heureuse de vivre. Le coaching m’a beaucoup aidée pour avancer et prendre confiance en moi. Le coach m’a apporté une réelle motivation. Pour l’emploi, mais avant tout il m’a permis de me retrouver. »

 

 

Les conseils du coach 

36240387_sVous l’avez compris dans l’histoire de Stéphanie, l’estime de soi est un élément essentiel à notre réussite personnelle et/ou professionnelle.

Pour aider une personne à développer sa confiance, il faut se rappeler ce principe fondamental :   Nous renforçons ce sur quoi nous nous centrons.

Ainsi, plus une personne va entendre que c’est difficile, inaccessible, compliqué, où qu’elle n’a pas le niveau, et plus elle va renforcer cette idée… Stéphanie avait développé une image d’elle même limitante en terme de capacités.

 

Une fois que vous avez identifié la composante en difficulté (Amour, Image ou Confiance), parfois les 3, voici une petite technique sympa pour travailler avec votre coaché: La technique de la Fée Clochette

 

  1. Utiliser la technique du miracle des niveaux logiques (J’en ai parlé dans l'article publié le 4 juin)
  • Imaginez que cette nuit, un miracle ait lieu, demain matin vous vous réveillez et vous possédez la confiance en soi.
  • À quoi savez-vous que vous avez confiance en vous-même ? En termes d’environnement, de comportements, de capacités, de croyances et de valeurs, d’identité, de mission.
  1. Établissez la liste des critères externes (récoltés à la 2ème question) et classez-les par ordre d’importance.
  2. Maintenant, auto-évaluez-vous dans chacun de ces domaines sur une échelle de 0 (je ne maîtrise rien du tout) à 10 ( je suis un expert en ce domaine).
  3. Reprenez chacun de ces critères et réfléchissez à ce que vous pourriez faire pour passer à la note supérieure presque immédiatement (par exemple de 5 à 6).

 

Il est important de pointer également un autre aspect de cette expérience avec Stéphanie : Attention de ne pas vendre du rêve, au risque de voir l’Estime de la personne s’effondrer derrière. Ne lui faites pas croire n’importe quoi, ou qu’elle va forcement réussir. Il est important de border la démarche avec un filet de sécurité :

Si tu n’atteins pas ton objectif, quelle autre option as tu ? Sur quoi et sur qui vas tu pouvoir t’appuyer ? Avant de démarrer, prévoyons18587147_s un plan B. Nous le rangerons, et probablement, qu’il ne servira pas. Mais il est là, en sécurité.

Tout comme au cirque, le trapéziste peut se lâcher et effectuer un triple salto magnifique car il sait qu’il y a un filet de sécurité au cas
où. Il va tout faire pour réussir, le but n’est pas de tomber, mais en cas d’accident, il s’en sortira.

 

À vous de coacher !

Alexis

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