Faire un cadrage efficace

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Le cadrage d'un groupe turbulentDSCN1625

Pour aborder ce thème du cadrage, je m’appuie sur des expériences d’animation de groupes, particulièrement turbulents. Mais le principe du cadrage s’applique autant au collectif qu’à la démarche individuelle.

Le club d’entreprise que j’ai eu le plaisir de présider pendant quelques années avait pour vocation d’agir contre l’exclusion et de favoriser l’insertion des personnes en difficultés. Le conseil d’administration avait décidé d’engager une opération de grande envergure « Un But pour l’Emploi », en lien avec la Fédération Française de Foot. Il s’agissait de préparer des groupes de personnes (jeunes et adultes) à l’insertion dans l’entreprise. L’alternance de regroupements collectifs, de périodes en entreprises, et d’animations sportives, avait pour ambition de faciliter l’accès à l’emploi de personnes très éloignées.

Au delà de ma fonction bénévole de Président, mon métier de coach avait séduit les organisateurs et nous avions convenu que j’animerai des journées collectives, dans un esprit coaching d’équipe, afin de travailler les comportements, les bonnes pratiques, la confiance en soi, etc…

Les participants étaient ravis de travailler avec « un coach », et qui plus est « Le Président »… Quelle pression ! Mais les organisateurs m’avaient prévenu : «  Tu vas voir, ils sont indisciplinés, intenables, on a déjà eu l’abandon de 2 prestataires !! »

Je les ai vu en groupe à 8 reprises (donc 8 journées), et tout s’est très bien déroulé : Calme, attentifs, concentrés, respectueux, et même très demandeurs.

Comment expliquer un tel décalage ? Simplement grâce au cadrage, et au triangle de Karpman.

Dès la 1ère session, j’ai vu comment les autres formateurs leurs parlaient : Avec un ton de maître d’école face à des enfants, presque de supériorité pour se donner une autorité qui n’est pas naturelle. Forcément ça coince… C’est directement braquage et rupture.

J’ai abordé mon 1er groupe ainsi :

« Je vais vous faire partager ce que je fais avec les plus grands dirigeants, et les sportifs de haut niveau. Pour cela j’ai 6 règles :

  • C’est un séminaire pour vous : J’attends donc votre plus grand investissement sur nos journées. Personne ne vous oblige à venir, mais si vous venez vous êtes dedans à 100%.
  • Inconditionnellement positif et constructif : Je vais peut-être vous dire des choses qui vont vous déranger, et vous aurez peut-être aussi des moments plus difficiles avec moi. Peu importe, je vous demande de rester Positif et constructif.
  • Travail sur le présent et l’avenir : Peu importe ce qui vous a amené ici. Ni même ce qu’on m’a dit sur vous. Faites table rase et tournons nous vers votre avenir.
  • Respect et confidentialité : 2 valeurs essentielles de nos rencontres. Je vous respecte profondément, j’attends la même chose de vous à mon égard (bavardage, etc…)
  • Aucune obligation, que des occasions : Je ne vous obligerai jamais à faire un exercice que vous ne voulez pas, mais dites le moi simplement.
  • Intégration des différences : Nous sommes différents, et c’est très bien comme ça. Je ne suis pas ici pour vous faire la leçon, et ce que je vais vous dire n’a au fond que peu d’importance. Je n’ai pas raison sur tout. Et vous non plus ! Acceptons ces différences pour prendre le meilleur de chacun et l’intégrer dans nos apprentissages. Ce qui est important c’est ce que vous ferez de mes apports, à votre manière.

« L’important n’est pas ce que je sais, mais ce que je fais de ce que je sais. »

Et bien sur je valide : « Êtes vous d’accord avec ces 6 règles ? » Je suis allé cherché la validation individuelle de chacun, par un oui verbale (pas seulement un hochement de tête…).

Le témoignage de Sylvie – 32 ans :

« Avec Alexis, on se sent bien dans le groupe. Il sait nous mettre à l’aise mais aussi nous recadrer quand il faut. Et du coup, on avance, on construit. Je ne m’attendais pas à ça, mais le coaching ça marche ! »

« D’habitude je suis une caïde, mais là j’écoute et je sens que je change. »

Dans toutes les formations qu’il m’est amené d’animer dans le domaine du coaching (Coach pro, Conseiller Coach ou Préventeur Coach par exemple), le principe de cadrage fait partie des fondamentaux.

Je démarre chaque coaching, ou chaque collectif avec ces 6 principes, auxquels bien souvent j’ajoute la bienveillance.

En discutant avec d’autres intervenants, ils me disent aussi poser des règles, mais sans résultats probants, comme ici avec ce groupe… Pour comprendre, j’ai assisté à l’animation d’un collectif assuré par Isabelle, une amie formatrice, et voilà son intro :24390716_s

« Les règles sont claires avec moi : Le respect, le silence pendant que je parle, la confiance entre nous, la ponctualité et la politesse durant les sessions, l’écoute des autres. Si vous respectez bien ces règles, tout ce passera bien. »

Et en sortant de la salle, elle me dit : « Tu vois, je cadre pourtant, mais ils ne m’écoutent pas… »

 

Les conseils du coach

Simplement, Isabelle ne fait pas de cadrage, elle pose un cadre, mais c’est insuffisant. Un cadrage doit respecter 2 principes :

1er principe : Un cadrage doit être compris, accepté et validé par tous.

Il m’est arrivé, par exemple, de discuter chacune des règles avec les participants pour trouver la formulation qui avait du sens pour eux.

2ème principe : Sortir du triangle infernal (Triangle de Karpman)

Nous tombons facilement dans les pièges relationnels de Victime – Persécuteur – Sauveur. Je ferai prochainement un article plus précis sur ce sujet. Mais pour rendre un cadrage efficace, il est aussi important que le coach (le formateur ou le conseiller) se place dans le triptyque :

Pouvoir – Puissance - Permission

Retrouvez l’explication du triangle de Karpman sous ce lien :

http://lesconseilsducoach.com/le-triangle-relationnel-dramatique/

 

 

 

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