Développer l’autonomie du coaché

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Favoriser l'autonomie des bénéficiaires...

1527041_lowL’autonomie des bénéficiaires est un idéal poursuivi par tous les dispositifs d’insertion. En 15 ans passé dans le monde de l’insertion, j’ai toujours entendu ce même rêve : Rendre autonome le jeune, ou le DE…

Alors pour illustrer ce principe, je vais m’appuyer sur le contre-pied : la plus grande dépendance !

Lors d’un coaching dans une petite antenne rurale, perdue dans une contrée sauvage au fin fond d’un territoire rural (non non, je n’en rajoute pas trop, il me fallait deux heures de route pour accéder à cette antenne de proximité, loin de tout axe autoroutier ou ferroviaire !), j’accompagne une jeune adulte de 25 ans, maman de 2 enfants, et vivant en concubinage.

Cette personne (dont j’ai oublié le nom je l’avoue) était peu diplômée, mais paradoxalement très cultivée, et particulièrement lucide sur sa situation.

En grande difficulté sociale, elle avait perdu confiance et développé une très basse estime d’elle même. Au bout de quelques semaines, notre coaching lui a permis de se retrouver, d’apercevoir un nouveau chemin. Vous l’avez compris : Un véritable retour vers la lumière.

Tellement heureuse de cette renaissance, elle m’exprimait régulièrement son attachement à nos rdv, qui lui apportait énormément. Elle commençait même à redouter la fin, me disait-elle.18949758_s

Et chaque nouvelle rencontre était l’occasion d’éloges à mon sujet… J’ai vite compris qu’elle était en train d’entrer dans une forme de dépendance dans la relation.

Elle décide un jour de m’amener un gros gâteau, fait maison bien sûr avec tout son cœur ! Dans certaines circonstances j’aurai pu accepter, mais conscient de la position qu’elle prenait, j’ai décidé de poser un cadre clair : J’ai refusé son cadeau (son offrande devrai-je dire, car elle m’idéalisait complètement).

« Tu ne me dois rien, et je ne veux rien accepter de toi. Je suis payé pour faire ce job, c’est mon métier. Ma première récompense c’est mon salaire, et ma plus belle récompense sera ta réussite dans ton parcours d’insertion. Notre travail est bientôt terminé, as-tu mené les démarches comme prévu ? »

Ma plus grande satisfaction sera de ne plus te voir, en sachant que tu as démarré ta formation ».

« Dans un coaching, la fin est tout aussi importante que le début. Si tu as encore besoin de moi, c’est que tu n’es pas assez autonome, et donc que j’ai mal fait mon boulot ! »

Très contrariée par ma réaction, elle est repartie avec son gâteau… Sa colère du moment, a laissé place rapidement à une prise de conscience, et son intelligence lui a rapidement permis de comprendre le piège qui s’était installé entre elle et son coach.

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Cette confrontation lui fût salutaire, car quelques semaines plus tard elle entrait en formation, et après notre dernier entretien, je ne l’ai plus jamais revue.

 

 

 

Les conseils du coach

La dépendance du coaché est un grand danger dans un accompagnement, mais aussi très fréquente.

Le coach, ou le conseiller coach, peut vite prendre la place du sauveur dans le triangle de Karpman. Et si vous n’êtes pas parfaitement au clair sur ce qui se joue dans la relation avec votre coaché, alors vous allez naturellement installé une forme de dépendance. C’est tout le contraire de l’autonomie, attendue dans l’insertion.

Sous le prétexte de créer une relation sincère avec un jeune, j’ai souvent vu s’installer cette trilogie dramatique de Sauveur (dans un premier temps), puis de persécuteur (quand il faut recadrer, confronter, refuser) et enfin de victime (quand on ne sais plus comment se dépatouiller d’une relation compliqué, en étant sur sollicité par le jeune par exemple).

Le conseiller est totalement responsable de la relation qu’il installe avec le bénéficiaire. Et je vais peut-être vous choquer, mais je pense aujourd’hui que l’autonomie du bénéficiaire dépend en très grande partie des capacités relationnelles du conseiller. Car l’autonomie est un apprentissage et vous êtes le vecteur de cet apprentissage.

Le positionnement du conseiller coach est très clair dans ce sens : il est conscient des enjeux relationnels, il maitrise les rôles du triangle de Karpman, et il est capable d’en sortir immédiatement quand l’autre enclenche l’un des 3 rôles.

Retrouvez l’explication de Karpman : 

Le triangle dramatique

Et voici quelques pistes pour en sortir :

Téléchargez le doc, et sortez enfin du triangle!

Une astuce : Lors de vos prochains entretiens, posez vous ces questions :

  • Quel rôle joue mon bénéficiaire dans notre relation. Est-il sur un mode victime (se plaint/accuse les autres/se repose sur vous/…)
  • Ou bien est-il sur un mode persécuteur (je veux du travail !/Il faut me trouver qlq chose/J’ai besoin d’un rdv en urgence/Je n’en peux plus j’ai trop besoin de vous/…)
  • Enfin, n’êtes vous pas dans une posture de sauveur ? (Ne t’inquiète pas, je vais t’aider/ Je vais te remplir ton formulaire/Si tu veux je parle de toi au formateur/…)

 

Avec passion,

Alexis

 

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