Comment éviter les pièges de la projection

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La notion de projection: Pris dans mon propre piège !

Deux jours avant la signature d’un essai dans une entreprise de bâtiment, l’employeur vient me dire qu’il n’a jamais travaillé avec des stagiaires non qualifiés.

J’étais alors conseiller en insertion, et j’accompagnais Jérémy dans sa recherche d’emploi. Cette proposition qui venait de se présenter était une opportunité unique à saisir. Je m’y étais engouffré avec mon bénéficiaire, avec un espoir démesuré.

Catastrophé, après tant d’efforts et de mois de préparation avec Jérémy, je me dis que cette opportunité est foutue, que sans expérience le jeune n’a aucune chance et qu’il n’a pas du tout le niveau attendu par l’entreprise, ce n’est même pas la peine d’espérer.

J’ai eu une très mauvaise réaction. Et j’ai appris ce que représentait le principe de « projection ».

J’ai hésité même à rappeler le jeune tellement j'étais contrarié par l’annonce de l’employeur. Finalement, je l’appelle et le jeune me répond : « Tant pis, ce n’est pas grave, je vais lui montrer ce que je sais faire ! ».

Pris dans mon propre piège !

 

Qu’est ce que la projection ?

C’est le fait de discerner préférentiellement chez autrui des traits positifs ou négatifs de son propre caractère. Dans cet exemple, j’ai prêté à Jérémy une réaction qui en réalité était la mienne. J’ai pensé qu’il ne supporterait pas. En fait, c’est moi même qui ne supportais pas.

Projection et peur

C’est un bel exemple de projection négative qui est de projeter ses angoisses. La projection positive étant de projeter ses désirs. En tout cas, les deux vont fausser la relation de coaching. Dans cet exemple, la projection est en train de fausser la relation d’aide avec le bénéficiaire. Derrière la projection, il y a surtout des peurs.

Eviter les projections

Comment une projection peut-elle se terminer en drame ? Un coaching réussi colle aux besoins de notre bénéficiaire. Il nous consulte pour l’aider à répondre à ses propres besoins. À partir du moment où nous sommes dans un schéma de projection et que nous projetons sur l’autre nos angoisses, notre vision du monde, nos concepts de vie, ce n’est plus la personne que nous accompagnons mais une partie de nous-mêmes et, en fait, nous manipulons. Un coach peut être manipulateur quand il n’est pas au clair avec ce principe de projection.

Pour éviter cela : 80 % de relances permanentes, je questionne, je reformule, je cadre. Si je reste dans ce mouvement, j’ai beaucoup moins de projections que si j’investigue de plus en plus et que je me sens relié. Ce qui va vous permettre d’éviter la projection, c’est d’être très technique : je questionne, je reformule, je cadre. Moins vous sortez du cadre et mieux c’est en termes de projection.

 

Les conseils du coach  

Pensez à votre propre développement personnel.

La conscience ne pouvant pas faire deux choses en même temps, mon questionnement doit être tellement naturel que je n’ai pas besoin d’y penser. Donc il convient de connaître par cœur ses basiques. Pour éviter la projection, il faut être à fond dans la technique :

1 - Premier principe : collez à la technique.

2 - Deuxième principe : évitez d’être en résonance.

3 - Troisième principe : l’important, c’est l’autre (ce qu’il est, ce qu’il fait, ses gestes, tout…) pas vous. C’est de sa vie qu’il s’agit ! Vous le mettez en lumière. Si vous pensez pour lui, vous lui ôtez sa liberté de pensée. Si vous lui ôtez sa liberté de pensée vous lui enlevez tout pouvoir et toute puissance personnelle, donc vous l’handicapez.

4 – Quatrième principe : éliminer les interférences

Si je veux faire un vrai coaching, il me faut éliminer toutes les interférences et pour cela je dois me centrer en permanence sur des variables-clés (la respiration de la personne, la calibration, ce que la personne me dit, les mots à double résonance…). Vous devez avoir vos propres variables-clés qui vous permettront de savoir sur quoi vous centrer si vous avez des interférences. Quand vous écoutez… écoutez. Vous aurez le droit de décrocher ; mais si vous décrochez et que des « pensées- papillons » se mettent en place, vous pouvez être sûr qu’à un moment ou un autre vous allez mettre le pied dans une projection, parce que vous êtes en résonance avec le coaché. Vous devez vibrer sur la même corde que lui mais pas être en résonance avec ce qu’il est. Si vous êtes en résonance au départ, ce sera lui qui sera ensuite en résonance avec vous. Ici, c’est vraiment la notion de conduite.

5 – Cinquième principe : ne pas interpréter (pas de supposition).

Donc, chaque fois que vous interprétez pour l’autre, vous êtes dans une projection. Il y aura projection dans votre coaching à partir du moment où vous partez de votre idée comme point de départ de l’accompagnement, des décisions futures, des actions à mener, des démarches à effectuer. Mais il n’y a pas projection si vous avez une idée et que vous la confrontez avec la personne en lui disant :

« Voilà, il me passe quelque chose par l’esprit, je voudrais vous entretenir de cela. Sentez-vous libre de me dire si c’est OK pour vous ou pas car je peux me tromper ». En donnant cette liberté (dans cette « confrontation » positive), vous êtes dans l’enrichissement de ce que vous êtes avec votre bénéficiaire.

Projection et coaching

Soyez très vigilant : chaque fois qu’une personne interprète, pense… si ce n’est pas factuel, c’est une projection.

Si vous n’êtes pas au clair avec votre projection, vous ne pourrez pas prétendre au titre de conseiller coach.

On est dans la projection en coaching parce qu’on a peur : que notre bénéficiaire nous juge mal si on ne lui apporte pas de solutions ; que le parcours n’avance pas assez vite ; de prendre trop de temps sur un problème. De ce fait, on ne s’autorise pas à le faire travailler plus que de raison ; pourtant, à la fin d’un rdv, c’est lui qui doit être en sueur, pas vous. Donc, que vous soyez dans la projection, c’est normal ; mais que vous y restiez, ça ne l’est pas.

Vous savez maintenant ce qu’est une projection et le seul résultat qu’elle induit : le « clash ». Et le pire dans tout ça, c’est que votre bénéficiaire vous aime bien (ou il vous hait parce qu’il est certainement dans un transfert, comme vu dans le précédent chapitre) mais il ne vous remettra pas en cause (parce qu’il est assisté, donc non responsable et vous ne collez plus à la raison d’être d’un conseiller coach) et vous allez continuer.

En coaching, il faut un minimum de désir pour accompagner une personne. Nous ne sommes pas obligés de coacher toutes les personnes qui arrivent. Or, lorsque je choisis mon « bénéficiaire »… il y a projection!

 

 

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One Response

  1. Martine GERARD

    Bonjour,
    Enfin quelqu’un qui partage vraiment .
    MERCI Beaucoup

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